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Origine du jeu sérieux La P’tite vie en résidence 

La lutte contre l’intimidation au Québec survient comme une nouvelle priorité gouvernementale, avec l’adoption, en 2015, du Plan d’action concerté pour prévenir et contrer l’intimidation 2015-2018[1]. L’intimidation est un problème social, qui peut se produire à tous les âges et dans tous les milieux de vie, incluant les résidences privées pour les personnes aînées (RPA).  

Bien que l’intimidation chez les jeunes et dans les milieux de travail soit bien documentée sur le plan scientifique depuis de nombreuses années, elle ne l’est que très peu chez les aînés, et encore moins dans les RPA[2] 

Or, les gens qui évoluent dans les RPA ‒ résidents, proches, employés, dirigeants et bénévoles ‒ ne sont pas outillés pour prévenir et contrer les situations d’intimidation. Ne sachant pas quoi faire, ils se sentent démunis face à ces situations.  

Méconnaître les façons d’intervenir pour prévenir ou contrer ces situations a pour effet que ces dernières ont plus de chance de se prolonger dans le temps, se reproduire, et d’engendrer des conséquences graves. Il était donc important et pressant d’agir, de façon concertée, pour prévenir et contrer cette intimidation, en outillant les gens.  

Par conséquent, le Centre collégial d’expertise en gérontologie (CCEG) du Cégep de Drummondville, les Résidences Pelletier et le Collège La Cité ont uni leurs forces, pour mener une recherche-action, dont l’objectif général était de concevoir, développer, implanter et évaluer un jeu sérieux visant à prévenir et contrer l’intimidation dans les RPA 

Cette recherche-action, financée par le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (CRSH), a été réalisée de mars 2018 à mars 2020, en collaboration avec d’autres acteurs incontournables des milieux de pratique et de la recherche, soit : l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR) nationale, la Chaire de recherche sur la maltraitance envers les personnes aînées et la Fédération des aînés et des retraités francophones de l’Ontario (FARFO). 

Six objectifs spécifiques étaient visés :  

  1. Identifier et mieux comprendre les situations d’intimidation vécues dans les RPA et les interventions réalisées pour les prévenir ou les résoudre.  
  2. Identifier et mieux comprendre les freins et les leviers à l’acceptabilité et à l’utilisation d’un jeu sérieux visant à prévenir et contrer l’intimidation dans les RPA.  
  3. Développer un jeu sérieux visant à prévenir et contrer l’intimidation dans les RPA.  
  4. Implanter le jeu sérieux dans deux RPA autonomes et semi-autonomes des Résidences Pelletier.  
  5. Évaluer le jeu sérieux (contenu, forme, expérience de l’utilisateur[3]), son implantation, de même que ses effets sur l’intimidation dans les RPA.  
  6. Assurer le transfert et la mobilisation du jeu sérieux ainsi que des connaissances produites vers divers milieux (pratique, recherche, enseignement et décisionnel) tant au niveau régional qu’à l’international.  

L’angle du jeu sérieux s’est avéré des plus prometteurs, considérant ses caractéristiques ludiques et immersives qui favorisent l’acquisition de connaissances et la sensibilisation à divers problèmes sociaux[4] 

Ce jeu sérieux s’appuie sur les propos de 11 personnes (une direction, quatre résidents, quatre employés, deux résidents-bénévoles), de deux RPA du Centre-du-Québec, rencontrées lors d’entrevues. Ces dernières ont partagé des situations problématiques, dont des situations d’intimidation, qu’elles ont vécues ou dont elles ont été témoins, ainsi que des interventions réalisées pour les prévenir ou les résoudre. Ces situations et ces interventions ont permis de créer les scénarios contenus dans le jeu sérieux.  

Tout au long de son développement, neuf rencontres avec des résidents, des proches, des employés, des dirigeants et des bénévoles de ces deux RPA, ont été réalisées pour leur présenter le jeu sérieux, leur permettre de l’expérimenter, les accompagner dans son utilisation, recevoir leur rétroaction par rapport à celui-ci et, conséquemment, le bonifier. Au total, 110 personnes ont participé à ces rencontres.  

Voici quelques-uns des commentaires recueillis.  

« On a le goût d’aller plus loin [dans le jeu], on se demande toujours quelle est la meilleure solution » (résidente).  

« [Après avoir joué au jeu], je me rends compte que j’aurais pu réagir ou intervenir plus vite » (résident).  

« Je vais leur dire [aux autres personnes de la RPA] que c’est très révélateur de jouer au jeu. Ça nous confronte dans nos comportements » (employé).  

« J’ai aimé ça. Je ne savais pas ce que c’était [le jeu]. Je trouve que c’est important de prendre conscience de tout ça. Qu’on soit n’importe qui ! » (employé)  

« J’aurais plus d’idées sur “quoi faire” si je vivais une situation d’intimidation grâce au jeu » (résidente). 

 

Pour plus d’informations
• Consultez le communiqué de presse annonçant l’octroi du soutien financier au projet.
• Contactez Marie-Ève Bédard au 819.478.4671, poste 4112, ou à l’adresse courriel suivante : marie-eve.bedard@cegepdrummond.ca.

 

Références

  1. Ministère de la Famille (2015). Ensemble contre l’intimidation : Une responsabilité partagée. Plan d’action concerté pour prévenir et contrer l’intimidation 2015-2018. Québec : Gouvernement du Québec.
  2. Beaulieu, M., Bédard, M.-È., & Leboeuf, R. (2016). L’intimidation envers les personnes aînées : un problème social connexe à la maltraitance? Service Social, 62(1), 38-56.  
  3. Morville, P. (2019). User Experience Design. En ligne http://semanticstudios.com/user_experience_design/, consulté le 12 juin 2019.  
  4. Rouighi, N. (2017). Les jeux sérieux sont-ils l’avenir des campagnes de sensibilisation? En ligne http://www.atypic.ca/fr/blogue/les-jeux-serieux-sont-ils-lavenir-des-campagnes-de-sensibilisation/, consulté le 13 novembre 2017