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La Semaine des sciences humaines du Cégep de Drummondville s’est déroulée du 8 au 12 avril 2019. Le CCEG|CCTT était bien présent, car plusieurs chercheurs ont réalisé des ateliers auprès d’une centaine d’étudiants! Voici un résumé des ateliers présentés lors de cette semaine.

 

Démystifier les mythes sur les proches aidants, les aînés et l’attachement 

Le lundi 8 avril 2019, à 10 h, 25 étudiants en sciences humaines ont assisté à l’atelier Démystifier les mythes sur les proches aidants, les aînés et l’attachement présenté par Carmen Lemelin.

L’atelier était divisé en 2 parties : la présentation des mythes à l’aide d’une activité interactive et ensuite, la présentation du projet de recherche sur la proche aidance et l’attachement chez les couples aînés. D’abord, les étudiants ont été invités à se brancher à l’aide de leur cellulaire à Socrative où ils devaient deviner si les affirmations proposées étaient un mythe ou une vérité. Concernant les mythes sur la proche aidance, il ressort que 95 % des étudiants savaient que la proche aidance était un phénomène auquel les aidants naturels ne s’associent pas, surtout si ces derniers offrent leur aide à leurs enfants ou à leur conjoint. De plus, la totalité des étudiants semblait sensibiliser à la difficulté de demander de l’aide pour les proches aidants. Si les étudiants semblaient bien connaître la réalité des proches aidants, il n’en est pas de même avec celle des couples aînés. Les deux tiers des participants de l’atelier croyaient que les couples aînés présentaient des caractéristiques différentes des couples adultes alors que ces couples ne sont pas si divergents. Aussi, la majorité (57 %) des participants indiquaient, à tort, que les couples aînés demeuraient ensemble par habitude ou étaient moins satisfaits que les couples adultes de leur relation amoureuse. Finalement, plus du deux tiers des participants semblaient convaincus que l’attachement amoureux correspondait à de l’amour ou de l’affection alors que ce concept est plutôt associé à la sécurité et à l’exploration.

Dans la seconde partie de la présentation, les étudiants ont pris connaissance de l’étude que les chercheures Carmen Lemelin et Caroline Pelletier mènent. Ils ont appris que l’objectif de cette étude est de mieux comprendre les besoins des proches aidants en utilisant les liens d’attachement dans le but de construire une trousse d’intervention à partir des résultats de la recherche afin d’aider les intervenants œuvrant auprès de cette clientèle.

 

 

Carmen Lemelin, Ph. D., chercheure au Centre collégial d’expertise en gérontologie (CCEG|CCTT) et professeure de psychologie au Cégep de Drummondville  

Caroline Pelletier, Ph. D(c)., chercheure au CCEG|CCTT 

 

 

L’intergénérationnalité

Le lundi 8 avril 2019, à partir de 14h, une vingtaine d’étudiants en sciences humaines ont assisté à l’atelier L’intergénérationnalité, animé conjointement par Julie Castonguay et Marie-Ève Bédard.

Après un mot de bienvenue, les étudiants ont été invités à jouer au jeu de l’ascenseur, en répondant à la question : quelle est votre définition de l’intergénérationnalité? Ils avaient une minute pour réfléchir à leur définition, puis cinq minutes pour confronter cette dernière en équipe de deux ou trois personnes. Un retour en plénière a été réalisé par la suite où chaque équipe a pu donner sa définition de l’intergénérationnalité. Les thèmes ayant ressorti des définitions ont été les suivants : intégration; relations; différents groupes d’âge; non-discrimination; réalisation de quelque chose en commun; contexte social ou de loisir. Ces thèmes rejoignent la définition proposée par Vanderven (2011) : au moins deux personnes de générations différentes (ex. : un jeune adulte et une personne aînée) qui interagissent dans divers situations et contextes dans le but de créer et de maintenir une relation.

Ensuite, il a été demandé aux étudiants de former deux équipes. Chacune d’entre elles devait, à tour de rôle, répondre à une question. La première question était : que pensez-vous des aînés? Des réponses ont été positives : travaillants; beau et bon monde; généreux; drôles; voyageurs; sagesse; bons compteurs; beaucoup d’expériences; patients. D’autres réponses étaient plutôt négatives : « stubborn » (têtus); paresseux; chialeux; tout leur est dû; ne conduisent pas vite; seuls; impatients; cheveux gris; lents; sourds; édentés; radins. La deuxième question était : que pensez-vous que les aînés disent de vous? Encore une fois, des réponses positives sont ressorties : ouverture d’esprit; bonnes personnes/aidantes. Cela dit, davantage de réponses négatives ont été mentionnées : des « p’tits criss »; pas travaillants; technologie prend toute la place; irrespectueux; conduisent vite; moins débrouillards; drogués; individualistes; moins polis; gratteux; enfants rois.

Ces résultats rejoignent les constats présentés dans le rapport de la FADOQ – Région Mauricie dans son rapport sur les liens intergénérationnels et l’échange des savoirs dans la pratique de l’action bénévole : « les participants dressent naturellement un portrait plus négatif de leur propre génération et font mention de préjugés amplifiés que les autres générations ne ressentent pas ou peu » (2016 : 40). Leur perception de leurs petits-enfants ou grands-parents serait généralisée à l’ensemble de la génération. « Il semble qu’une bonne relation de ce type entraîne peu ou pas de préjugés alors qu’une absence de relation intergénérationnelle familiale en entraîne davantage » (FADOQ – Région Mauricie, 2016 : 40).

Par la suite, le projet de recherche-action Pour des milieux de vie sains, sécuritaires et accueillants : identifier, implanter et évaluer des initiatives intergénérationnelles a été présenté aux étudiants. Ces derniers ont alors dû voter pour l’une des initiatives intergénérationnelles retenues dans le cadre de ce projet et justifier leur choix.
Pour le mot de la fin, les animatrices ont présenté une vidéo sur une initiative intergénérationnelle, ainsi que pris une photo du groupe et de la récolte d’informations.

 

Références
FADOQ – Région Mauricie. (2016). Les liens intergénérationnels et l’échange des savoirs dans la pratique de l’action bénévole. Trois-Rivières: FADOQ – Région Mauricie & Université du Québec à Trois-Rivières.

Vanderven, K. (2011). The road to intergenerational theory is under construction: A continuing story. Journal of Intergenerational Relationships, 9 (1), 22-36.

 

 

Julie Castonguay, Ph. D., chercheure au Centre collégial d’expertise en gérontologie (CCEG|CCTT)
Marie-Ève Bédard, Ph. D., chercheure au CCEG|CCTT et conseillère pédagogique à la recherche au Cégep de Drummondville

 

 

Les situations d’intimidation dans les résidences privées pour aînés 

Le jeudi 11 avril 2019, à 10 h, 25 étudiants en sciences humaines ont assisté à l’atelier Les situations d’intimidation dans les résidences privées pour aînés animé par Marie-Ève Bédard, Carmen Lemelin et Jean Lavoie.

Dès le début de l’atelier, une première question a été posée aux étudiants : selon vous, qu’est-ce que l’intimidation envers les aînés dans les résidences privées ? En équipe de quatre personnes, ils devaient réfléchir à cette question et noter leurs réponses sur une des vitres du laboratoire créatif.

– Pour les situations qui peuvent arriver, les comportements, les étudiants ont nommé le fait d’exclure, de colporter des rumeurs, de voler ($), d’insulter, de menacer, de commettre de la violence verbale ou physique, d’agresser, de jalouser ou de faire un abus de pouvoir.

– Pour les personnes intimidatrices, ils ont mentionné qu’elles peuvent être : les résidents et les infirmiers plus anciens, les autres membres du personnel, les visiteurs et les familles. Ils ont aussi nommé certaines caractéristiques comme être profiteurs ($), agressifs ou manipulateurs.

– Pour les personnes intimidées, les étudiants ont nommé qu’elles peuvent être : les nouveaux résidents ou les nouveaux infirmiers, les personnes seules, les personnes ayant des incapacités ou des différences physiques, et les femmes.

– Pour les endroits où peuvent se produire ces situations dans les résidences, ils ont mentionné : les lieux publics (ex. : couloirs, cours, piscine, cafétéria, toilettes), les lieux privés (ex. : appartements, chambres) et les endroits peu peuplés.

– Pour les conséquences que ces situations peuvent avoir, les étudiants en ont nommé sur les plans psychologique (ex. : stress, perte de joie de vivre, dépression ou détresse psychologique – pouvant aller jusqu’au suicide), émotionnel (ex. : colère, honte, peur ou crainte, impuissance), physique (ex. : douleurs, blessures, maladies), matériel (ex. : argent soutiré) et relationnel (ex. : isolement, solitude, exclusion sociale, baisse de confiance). D’autres encore ont mentionné les représailles (ex. : conséquences par des préposées).

Pour faire des liens avec les réponses des étudiants, les animateurs ont présenté une définition de l’intimidation envers les aînés :

 

« Il y a intimidation quand un geste ou une absence de geste ou d’action à caractère singulier ou répétitif et généralement délibéré, se produit de façon directe ou indirecte dans un rapport de force, de pouvoir ou de contrôle entre individus, et que cela est fait dans l’intention de nuire ou de faire du mal à une ou à plusieurs personnes aînées. Il importe de ne pas oublier que la notion d’intention est sujette à dérogation lorsque les personnes intimidatrices présentent des pertes cognitives importantes » (Beaulieu, Bédard & Leboeuf, 2016, p. 53).

 

Les principales composantes de cette définition ont ensuite été expliquées plus en détail. Ont été présentées aux étudiants des situations d’intimidation, notamment rapportées dans le cadre du projet de recherche-action Concevoir, développer, implanter et évaluer un jeu sérieux visant à prévenir et contrer l’intimidation dans les résidences privées pour aînés. Les étudiants devaient alors se prononcer à savoir s’il s’agissait de situations d’intimidation ou non. Ils ont ainsi pu mieux saisir l’importance de réaliser un projet de recherche-action sur le sujet.

Les animateurs ont aussi présenté des résultats préliminaires sur les situations d’intimidation qui se produisent dans les résidences privées pour aînés, et les ont confrontés aux réponses données précédemment par les étudiants. Un constat émerge : alors que les étudiants ont beaucoup parlé de l’intimidation commise par un employé envers un résident, dans le cadre du projet de recherche-action, les situations d’intimidation se produisent plutôt : 1) entre résidents ; 2) d’un résident à un employé ; et 3) d’un proche à un résident.

Les animateurs ont mentionné aux étudiants qu’ils souhaitaient prévenir et contrer l’intimidation dans les résidences privées pour aînés à l’aide d’un jeu sérieux. Ils ont rappelé aux étudiants qu’un jeu sérieux est une application informatique qu’on utilise dans le but de divertir, mais également de faire apprendre le joueur (Alvarez, 2007). Ils ont exposé les principaux résultats de leur recension des écrits : aucun jeu sérieux destiné aux aînés n’existe sur l’intimidation ; les aînés ont une préférence pour des jeux sérieux stimulants intellectuellement, utilisant des stratégies pour gagner, donnant accès à des pointages, facilement utilisable d’un point de vue technologique et présentant un univers réaliste. De plus, les jeux sérieux recensés, qui portent sur des problématiques psychosociales comme l’intimidation, s’adressent aux étudiants (primaire, secondaire et collégial), utilisent une animation sous forme de scénarios où le joueur est appelé à résoudre une enquête, à réaliser une mission, à suivre une histoire, et demandent aux joueurs de choisir les répliques pour faire avancer leur déroulement.

Les animateurs ont ensuite présenté aux étudiants une partie du contenu et du visuel (exemples de personnages et de pièces de la résidence) du jeu sérieux découlant du projet de recherche-action. Ce jeu sera destiné aux aînés et facile d’utilisation sur le plan technologique. Il mettra le joueur dans la peau d’un nouveau résident, qui vivra plein de péripéties au cours de ses trois premiers jours. Le jeu sera fait sous forme de scénarios, où le joueur devra choisir ses répliques. Ses choix influenceront donc l’histoire.

Les animateurs ont terminé l’atelier en leur faisant visionner un jeu sérieux portant sur l’intimidation à l’école s’intitulant « Stop la violence ».

 

Références :
Alvarez, J. (2007). Du jeu vidéo au serious game : Approches culturelle, pragmatique et formelle. (Thèse de doctorat). Université de Toulouse, Accessible par le centre pour la communication scientifique directe (CCSD) (tel-01240683), p. 7.

Beaulieu, M., Bédard, M.-È., & Leboeuf, R. (2016). L’intimidation envers les personnes aînées : Un problème social connexe à la maltraitance? Service Social, 62 (1), 38-56.

 

  

Marie-Ève Bédard, Ph. D., chercheure au Centre collégial d’expertise en gérontologie (CCEG|CCTT) et conseillère pédagogique à la recherche au Cégep de Drummondville
Carmen Lemelin, Ph. D., chercheure au CCEG|CCTT et professeure de psychologie au Cégep de Drummondville
Jean Lavoie, résident et membre du comité de résidents aux Jardins de la Cité, et membre du comité de travail du projet de recherche-action Concevoir, développer, implanter et évaluer un jeu sérieux visant à prévenir et contrer l’intimidation dans les résidences privées pour aînés, ayant fait toute la différence dans cet atelier.

 

 

Des pratiques à privilégier pour ajuster l’interaction professionnelle auprès des aînés immigrants.  

Présentation à la semaine des sciences humaines du Cégep de Drummondville, le 11 avril 2019, à 14 h.

Vu la diversité ethnoculturelle croissante au Québec, les professionnels de la santé et des services sociaux sont directement concernés par les défis de dispensation des services aux aînés immigrants. C’est pourquoi le CCEG|CCTT du Cégep de Drummondville et l’IRIPI du Collège Maisonneuve de Montréal ont mis en commun leurs expertises pour réaliser une recherche sur les pratiques à privilégier pour adapter l’interaction professionnelle auprès des aînés issus de l’immigration. Le but étant d’outiller ces professionnels à mieux répondre aux différents besoins de communication et d’accompagnement des aînés immigrants à travers un guide de pratiques innovantes. L’atelier organisé à l’occasion de la semaine des sciences humaines concernait les résultats préliminaires de cette étude.

Ont pris part à cette activité des étudiants en sciences humaines du Cégep de Drummondville accompagnés de l’enseignante Joëlle Mathieu. Selon elle, l’atelier a abordé des concepts déjà vus dans le cours d’introduction à l’anthropologie. Face à un groupe aussi intéressant qu’averti sur les notions d’immigration et des relations d’aide, la participation des étudiants était au rendez-vous.

Le point fort de l’activité reste la résolution d’un incident critique entre une aînée immigrante et une infirmière à l’urgence. Les étudiants ont participé à toutes les étapes : de l’identification des comportements et des valeurs en cause jusqu’à la détermination des actions possibles et du compromis proposé pour cette étude de cas. En attendant la finalisation du guide, les résultats préliminaires donnent déjà des pistes sur la compétence à développer pour intervenir en contexte de diversité culturelle et les habiletés qui en découleront.

 

Les membres de l’équipe de recherche du côté de Drummondville :

   

Matey Mandza, MD, MPH, Ph. D, LLM, chercheur au Centre collégial d’expertise en gérontologie (CCEG|CCTT).
Caroline Pelletier, Ph. D(c)., chercheure au CCEG|CCTT
Marie-Ève Bédard, Ph. D., chercheure au CCEG|CCTT et conseillère pédagogique à la recherche au Cégep de Drummondville
Nathalie Mercier, directrice du CCEG|CCTT