Le CCEG lance le projet Dialoguons : alcool et vieillissement
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Nouveaux outils pour favoriser le dialogue sur l’alcool et le vieillissement
Le Centre collégial d’expertise en gérontologie (CCEG | CCTT) du Cégep de Drummondville, en collaboration avec le Laboratoire d’innovation en communication scientifique (LICS) du Cégep de Jonquière, a lancé cette semaine une série de nouveaux outils de sensibilisation, de formation et de dialogue visant à mieux comprendre la relation à l’alcool chez les personnes aînées et à favoriser des échanges ouverts sur ce sujet avec leurs proches et les personnes qui les accompagnent.
Bien que la consommation d’alcool fasse partie intégrante de la culture québécoise et touche l’ensemble des groupes d’âge, elle demeure un sujet sensible, voire tabou, lorsqu’il est question du vieillissement.
« Chez les personnes de 65 ans et plus au Québec, une personne sur dix consomme de l’alcool tous les jours, ce qui correspond à la fréquence de consommation quotidienne la plus élevée parmi tous les groupes d’âge. Or, en vieillissant, certaines vulnérabilités peuvent s’accentuer en lien avec l’alcool », explique Mélisa Audet, chercheuse responsable du projet au sein du CCEG.
Un projet de recherche sur deux ans, ancré dans les réalités du terrain
Les outils développés s’inscrivent dans le cadre du projet de recherche Dialoguons : alcool et vieillissement, mené sur une période de deux ans. Celui-ci visait à mieux comprendre la relation à l’alcool à travers le vieillissement et à outiller les personnes aînées, leur entourage et les personnes intervenantes afin de faciliter le dialogue sur cette question.
Le projet s’est déroulé en deux grandes étapes. Une première phase a permis de recueillir des données auprès de personnes aînées aux profils diversifiés à travers des entrevues individuelles, ainsi qu’auprès de personnes intervenantes par le biais de groupes de discussion. La seconde phase a été consacrée à la conception d’outils de sensibilisation et de formation, destinés tant aux personnes aînées et à leurs proches qu’aux personnes intervenantes et aux futurs professionnels du secteur social et de la santé.
L’ensemble de la démarche s’est appuyé sur une approche de co-construction, afin d’assurer que les outils développés soient accessibles, pertinents et adaptés aux réalités de leurs publics cibles.
Une partie de l’équipe de projet ayant travaillé sur Dialoguons : alcool et vieillissement.
Des outils concrets et accessibles
Parmi les outils développés figurent notamment quatre capsules de sensibilisation, conçues sous forme de jeux-questionnaires ludiques, destinées aux personnes aînées et à leurs proches. Ces capsules sont accompagnées d’un cahier d’accompagnement, d’une fiche de réflexion personnelle et d’un outil facilitant le dialogue. Une trousse de formation pour les personnes étudiantes, ainsi qu’une formation destinée aux personnes intervenantes, viennent compléter l’offre.
« Nous nous sommes penchés sur les facteurs et les transitions liés au vieillissement susceptibles d’influencer la relation à l’alcool, ainsi que sur les dynamiques de dialogue entourant ce sujet. L’objectif était d’identifier ce qui favorise ou, au contraire, ce qui freine les échanges, dans un contexte où la consommation d’alcool demeure encore trop souvent taboue », ajoute Mélisa Audet.
Elle souligne par ailleurs que les relations à l’alcool au fil du vieillissement sont multiples et profondément liées aux parcours de vie, ce qui rend essentiel, pour chaque personne, de réfléchir à sa propre consommation et, pour les personnes intervenantes, de prendre le temps d’aborder la question avec sensibilité et ouverture.
Mélisa Audet, chercheuse responsable du projet au sein du CCEG lors d’une entrevue.
Un projet aux retombées durables
Le projet Dialoguons alcool et vieillissement a été rendu possible grâce à un financement du Programme d’aide à la recherche et au transfert (PART) – volet innovation sociale du ministère de l’Enseignement supérieur. Il a mobilisé une équipe interdisciplinaire composée de chercheurs, d’enseignants collégiaux, de représentants d’organisations partenaires (dont l’Association pour la santé publique du Québec, le Centre de référence du Grand Montréal et le Réseau FADOQ) ainsi qu’une citoyenne aînée et des étudiants et étudiantes du collégial.
Par son approche novatrice, partenariale et ancrée dans l’action, ce projet de recherche-action est appelé à générer des retombées significatives pour les personnes aînées, les personnes intervenantes, les organismes partenaires et la société dans son ensemble, tout en contribuant à l’enrichissement de l’enseignement et de la formation sur cette thématique importante.