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Avancer en âge, constitue un privilège partagé par de plus en plus de gens. La vie, quand elle s’allonge, avec une bonne santé, est une faveur pour soi-même et pour les autres. C’est le début d’une longue période de bien-être physique, psychologique et de liberté. Elle implique un changement progressif de cap vers des valeurs plus durables. Il s’agit de faire lentement le passage de l’avoir à l’être. La dimension extérieure prend moins d’importance au bénéfice de la vie intérieure. C’est plus que jamais l’heure de passer du dehors au-dedans afin de se tourner vers l’essentiel. Notre manière d’avancer en âge dépend de nous. Nous avons la liberté de choisir une aventure pleine d’intérêt, une croissance et non un déclin. Le sociologue Frédéric Lenoir indique qu’il s’agit d’aimer encore davantage la vie. De l’aimer à travers ses hauts et ses bas, ses moments agréables et ses moments difficiles. 

 

Lors d’une entrevue le 16 janvier 2020 à l’Université de Sherbrooke, une question a été posée au grand cinéaste québécois Fernand Dansereau : qu’est-ce qui est important dans la vie? Le jeune nonagénaire, qui pratique la méditation depuis de nombreuses années, a répondu par une question : « C’est quoi qui t’allume au fond de toi? » En effet, il s’agit d’accueillir ce qui monte intérieurement, de laisser mûrir et de mettre en œuvre, pas à pas, à tâtons, dans la direction ressentie. « Vivre pleinement, c’est faire jaillir du neuf jusqu’à son dernier souffle. »  Et quel bonheur d’apporter autour de soi la joie et la chaleur humaine.  

Plusieurs moyens facilitent une démarche d’intériorité. La pratique quotidienne de la méditation, selon plusieurs études sérieuses, procure par surcroît plusieurs effets bénéfiques sur la santé. Il existe plusieurs approches pour s’initier à méditer. Celle de la pleine conscience (M.B.S.R. Mindfulness based stress reduction) issue des États-Unis par le Dr Jon Kabat-Zinn, professeur émérite de médecine à l’Université du Massachussetts, comprend aussi des exercices de Yoga afin de mieux sentir le corps en méditant. La Dre Françoise Gendron qui a complété l’exigeante formation s’est qualifiée pour animer M.B.S.R. et offre des sessions d’initiation à la méditation MBSR, entre autres, à l’Université de Montréal et au Centre de Yoga santé à Sherbrooke. La Dre Marie-Claude Roy offre aussi le programme MBSR et son site Web, l’Escale pleine conscience, regorge d’informations pertinentes.  Le Dr. Deepak Chopra, auteur indien-américain, propose aussi des parcours gratuits de méditations guidées sur plusieurs thèmes comme la santé, les relations, etc.  Il existe beaucoup de matériel gratuit sur Internet pour aider à progresser dans l’exercice soutenu de la méditation.  De plus en plus d’études scientifiques s’intéressent aux bienfaits de la méditation. Elle aide à réduire les symptômes du stress, améliore les fonctions cognitives, renforce la mémoire, influence le syndrome métabolique et préviendrait l’apparition de la maladie d’Alzheimer, etc. La pratique quotidienne permet de tirer le meilleur usage de ce temps où on avance en âge. Il y a d’autres moyens qui aident à débuter la journée sur le bon pied, dans la joie de vivre et la gratitude. La vidéo sur la gratitude, toute simple, (celle avec des sous-titres en français, accessible sur You Tube) « A good day » avec David Steindl-Rast, un moine bénédictin nonagénaire, est un excellent moyen pour s’ancrer dans la gratitude et l’émerveillement de vivre une autre belle journée. La méditation guidée gratuite proposant la phrase suivante (traduction de l’anglais) : « J’avance sur ma route, le cœur léger et sans souci, sachant que tout est bien » nous entraîne à poursuivre la route par en avant et avec confiance.  

 

L’exercice physique constitue un moyen par excellence pour assurer le bien-être du corps. En plus de contribuer à conserver une bonne forme physique, la pratique d’un sport collectif est une excellente occasion de retrouver la jeunesse spontanée du cœur en s’amusant avec d’autres qui forment un réseau social où la bonne humeur règne malgré les petits bobos. C’est aussi une occasion unique permettant de découvrir de nouvelles amitiés. La conférence, en novembre 2016 du Dr Louis Bherer, neuropsychologue à l’Institut de gériatrie de Montréal, se résume ainsi : « Notre meilleur défi consiste à activer sa vie. Le cerveau n’arrête jamais de se développer et de changer. C’est ce qui fait sa plus grande force. Et surtout choisir des activités physiques et autres qu’on a le goût de faire pour en assurer la régularité et le maintien. Apprendre une autre langue, jouer d’un instrument de musique procurent aussi un effet bénéfique sur le cerveau. La meilleure activité physique c’est celle qu’on adopte parce quagréable et ne pas hésiter à augmenter l’intensité, ce qui est bon pour le cerveau ».    

 

Pouvoir contribuer à la dimension collective en acceptant de s’impliquer bénévolement est source de joie et de satisfaction. Privilégier une vie active et sociale dans la joie permet de vivre encore plus vieux. Avancer en âge est aussi un temps pour s’intéresser aux autres avec comme mission d’aimer. La disposition à s’intéresser et à se dévouer pour autrui, surtout celles et ceux qui en ont le plus besoin, aident à progresser intérieurement dans une joie insoupçonnable. Les enfants et petits-enfants sont au cœur du quotidien. Leur apporter un support inconditionnel est naturel. S’ouvrir en s’intéressant au bien commun apporte une grande satisfaction en plus de nous éloigner du repli sur soi. Des chercheurs ont découvert que la solitude a un mauvais effet sur la santé. L’augmentation de l’implication sociale diminuerait les risques de décès prématurés par 50%.  En particulier, se rapprocher des plus éloignés, permet de cultiver les valeurs d’amour, de tolérance et de compassion.  

 

De retour à l’entrevue avec notre réputé cinéaste québécois Fernand Dansereau: « Le matin quand je me lève, je me demande ce que je peux créer aujourd’hui, quel geste d’amitié je pourrais poser, qu’est-ce que je peux apprendre? » Conserver un regard de confiance et de gratitude procure la joie de vivre. Comme le souligne Marie de Hennezel, psychologue française connue pour son engagement pour l’amélioration des conditions de vie : « Avancer en âge n’est pas un naufrage, mais une renaissance… » Il s’agit de s’appuyer sur ses forces pour continuer sa route par en avant en tenant compte et en acceptant ses faiblesses et ses limites. C’est notre condition humaine de vivre avec nos hauts et nos bas. C’est un temps propice pour lire, écrire, écouter de la musique, chanter, danser, contempler, créer, retrouver son cœur d’enfant qui pouffe de rire, s’ouvrir aux autres, etc. On devient encore plus conscient de la valeur de la vie quand on avance en âge et qu’il reste moins de temps à vivre. Avancer en âge, pleinement vivant, implique une vie active et sociale fondée sur la joie de vivre, ce qui permet de vivre encore plus longtemps.